|
Je ne sais toujours pas ce qui m’a amené à pousser ce "cri" dans la nuit. Ah si peut-être la cécité dont semblent frappées certaines personnes aux extrêmes de leurs dogmes et qui jouent le jeu dangereux d’exalter les différences entre les peuples. Certes nous sommes tous différents, mais il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas voir nos ressemblances : on naît, on vit, on aime, on jouit, on souffre, on meurt, qu’on soit athée, agnostique, bouddhiste, chrétien, musulman, ou juif, blanc, rouge, noir, ou jaune… C’est d’une telle évidence, me dira-t-on, qu’on me permette pourtant d’en douter à en voir les guerres de religion qui traversent les siècles et continuent de frapper des innocents au nom de Dieux sensés être miséricordieux. Pauvres insensés sommes nous ? quand je parcours l’histoire de l’humanité, souvent je peine à la trouver cette humanité en l’homme qui se transforme trop souvent en loup pour l’homme, et j’ai mal à l’âme quand je regarde alentour, quand je mate le monde immonde dans lequel je survis et constate que les lumières du cœur dont parle le petit prince, chez beaucoup sont éteintes.
En lisant ce paragraphe ma femme m’a dit de faire attention à ne pas tomber dans une certaine forme de moralisme consensuel, et j’ai dû la rassurer en lui promettant que mon but n’était absolument pas de me positionner en donneur de leçons. D’ailleurs qui suis-je pour me permettre de le faire, et à qui en donnerais-je ? Fuck la terre ! ce texte est mon affirmative action, une sorte d’épidermique réaction à des crimes inhumains insoutenables commis par l’homme contre l’homme et qui quelques fois m’enlèvent toute fierté d’être un homme.
Et puis il y a tous ces spectres de lumière ou d’ombre qui hantent mes nuits, mais faut-il parler ici de mes cauchemars et de ma fleur d’insomnie. Non je ne le crois pas, par contre ce que je crois c’est que j’ai, comme nous tous, un devoir de mémoire à observer, à partager, à transmettre. Alors que nul ne vienne reprocher à l’auteur snob et bourgeois que je me suis amusé autrefois à être, de tremper sa plume hors du champ personnel et de tendre pour une fois vers l’universel. J’ai joui beaucoup de textes exotiques, toujours mélancoliques et quelque peu nostalgiques, souvent égotiques, et le cercle " très fermé" de mes lecteurs (les membres de ma famille et les femmes de ma vie) a été dans un premier temps surpris que je me détache autant de mon côté provoc et de mon amour du Moi. Mes très chers Narcisse est mort ! Toutes ces années je cherchais mon style, je me cherchais moi-même, et je pense avoir presque trouvé ma manière d’être ou ne pas être au monde, aussi irais-je au bout du bout de ma quête d’éternité.
|